Les aventures absolument tranquilles de Mozzarella (quoiqu'un type a dit : "tout est relatif") entrecoupées d'interludes qui ne sont pas sans contenir une inutilité obscure au profit d'un éphémère et léger divertissement.

lundi 27 juillet 2009

Interlude

L'homme marchait dans les rues sombres. Il portait un imperméable gris foncé. Cependant, la mention de ce détail contient une menue importance, puisqu'il faisait nuit, et que la nuit, tous les chats sont gris.
L'homme sortit un paquet de cigarettes. Il en retira une, l'alluma d'un air nonchalant, à la façon des gangsters prêts à faire un coup magistral.
Il fit un petit signe de la main droite. Deux autres hommes vêtus d'imperméables jaunes le rejoignirent au bas d'un immeuble. Mais, la nuit, tous les chats sont gris.
Les imperméables jaunes-gris longèrent l'immeuble jusqu'à l'angle. L'homme en gris foncé se mit un peu en retrait derrière eux. Une lumière jaillit d'une fenêtre au-dessus de lui, et une femme en nuisette apparut. Ses cheveux tombaient souplement sur ses épaules dénudées, et s'il avait fait jour, on l'aurait trouvée très belle. Mais, la nuit, tous les chats sont gris.
L'homme en gris foncé fit un grand signe à la nuisette. Elle le lui rendit, puis disparut de la fenêtre quelques secondes. Les deux imperméables jaunes-gris guettaient toujours. La nuisette refit une apparition, et claqua dans ses doigts. Aussitôt, l'homme en gris foncé s'engouffra dans une petite allée sous la fenêtre. On entendit des pas dans un escalier, une porte s'ouvrir, un baiser furtif, un bruit de vaisselle, une conversation légère, un rire étouffé, puis un cri, une détonation. Le silence.
L'homme en gris foncé réapparut. Il alluma une autre cigarette. Les imperméables jaunes-gris abandonnèrent leur angle et le rejoignirent. Ils s'adossèrent au mur et croisèrent les bras en même temps. L'un demanda: "Alors, Al?" L'homme cracha la fumée tranquillement, et dit : "On y va, les gars. La soupe était ratée."


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