La vieille se tenait là, assise sur son banc sale, et jetait des graines aux pigeons. Ses gestes, mesurés, un peu las, se répétaient indéfiniment, tous semblables. Le bras se levait, se pliait, plongeait une main mécanique dans le sac de graines, ressortait lentement, se dépliait, et dans un geste imperceptible, projetait la main au-dessus du sol jusqu'à ce qu'elle s'ouvre entièrement et lâche au gré du vent ce qui devait nourrir la volaille imbécile.
Tout était immuable; seul, le ciel changeait de couleurs, par-delà les heures.
La vieille était bien, là, sur son banc sale. Rien n'aurait pu la détrôner, si ce n'est le sifflet d'un agent de police, qui la faisait régulièrement déguerpir à une heure avancée. Elle se levait alors douloureusement, époussetait avec colère sa robe de laine trouée, et s'en allait clopin-clopant se jeter dans les brumes de la ville assombrie.
Puis, il y eut un jour où les pigeons attendirent leur repas, en vain. A la tombée de la nuit, les ingrats s'en furent trouver un autre banc sale, près d'une autre vieille.
Les aventures absolument tranquilles de Mozzarella (quoiqu'un type a dit : "tout est relatif") entrecoupées d'interludes qui ne sont pas sans contenir une inutilité obscure au profit d'un éphémère et léger divertissement.
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