Pendant le monologue du type en caleçon, en qui Mozzarella n’arrivait pas encore à voir Don Superhéro, (qu’elle avait imaginé plein de classe et d’élégance, un peu perdu mais attendrissant), White Spirit s’était attelé à ramasser quelques feuilles de palmiers qui jonchaient le sol. Gaston écoutait l’hurluberlu en s’essuyant le front. Mozzarella, quant à elle, s’en était rapprochée, et le fixait avec des yeux moralisateurs. Du reste, Don Superhéro ne s’en apercevait pas. Il fallut que s’écoule un blanc de plusieurs secondes à la fin de son discours pour qu’il daigne la regarder. Mozzarella avait du mal à se contenir ; sortir de ses gonds n’était pas une habitude chez elle, mais à cet instant T, cela pouvait aisément se produire. Et c’est d’ailleurs ce qu’il se passa : « Hé, le Mal-Embouché. Vous êtes un imposteur ridicule. Quand on a la chance de se voir confier des pouvoirs dignes de ce nom, on en fait profiter les autres correctement. Moi qui ai fait un long trajet pour vous rencontrer, je m’attendais tout de même à me retrouver face à un homme, un vrai, certes un peu dans la lune, mais enfin, qui porterait des principes humains et altruistes à bout de bras ! Et au lieu de ça, je trouve une espèce de crotte de bouc, qui lance des insanités à qui veut bien les applaudir, et qui ne se rend pas compte de la chance qu’il a ! Zut à la fin, on dirait un Français mécontent! »
Don Superhéro ne bougeait pas. Les yeux hagards, il regardait Mozzarella s’agiter face à lui, sans rien comprendre. Il rougit un peu, se gratta encore les fesses, toussota, se moucha. Puis, sans que personne ne puisse envisager ce qui aller se produire, ses yeux s’embuèrent, et il éclata en sanglots. De grosses larmes coulèrent le long de ses joues bronzées tandis qu’on entendait le son de ses pleurs résonner comme ceux d’un enfant. « Je suis désolé, mais je ne m’attendais pas à çaaaaaa…. C’est la première fois que je sens que quelqu’un a autant foi en mooooooiiii… Ma pauvre mère m’avait toujours traité de raté, et me voilà projeté au-devant de grandes missions… C’est trop, c’est trop, mais c’est beaaaaauuuu… » Et tandis qu’il sanglotait encore, il s’appuyait contre l’épaule de Mozzarella et se mouchait dedans.
* NDLR : Notons que Don Superhéro est un fan inconditionnel de Pierre Desproges
BABY DON'T CRY

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