Après un atterrissage chaotique, Mozzarella fut lâchée dans le désert avec cinq autres touristes, dont un couple de Suisses qui désiraient faire des fouilles entre le point [X ; 14 ; br32 ; XII] et le point [Y ; 56 ; nh67 ; VII], un policier de la brigade des stupéfiants en vacances, son indic, et une belle femme d’une quarantaine d’années, Mlle Huguetta, qui s’était très vite révélée être complètement dégénérée. Les six personnes s’étaient rapidement divisées pour emprunter quatre directions différentes ; ainsi les Suisses étaient-ils partis au Nord, le policier et son indic à l’Est, Mlle Huguetta au Sud, et Mozzarella à l’Ouest, puisque c’était finalement la seule direction que personne n’avait choisie. Mlle Huguetta avait d’ailleurs fait à ce sujet, une étrange remarque : « Ah, alors c’est vous qui partez à l’Ouest… Ouh la la, vous êtes bien courageuse, Mademoiselle… » Mozzarella aurait bien aimé comprendre ce que Mlle Huguetta sous-entendait, mais cette dernière s’était alors mise à chanter sous le soleil de plomb en exécutant la danse de la pluie. L’indic, qui était médecin dans des temps anciens, avait enregistré des notes au sujet de cette transe : « Dimanche, désert, 16h37, la foldingue réitère après une accalmie pendant le vol, agitation frénétique des membres inférieurs et supérieurs, troubles de la paroles, incantations mystiques, dégénérescence apparemment congénitale, son âge ne dépassant pas les 43 ans. » Puis il avait rangé son petit magnétophone et s’était mis en route, suivant de près le policier. Les Suisses, quant à eux, avaient quitté le petit groupe sur-le-champ, prétextant qu’ils devaient être arrivés avant la tombée de la nuit au premier point [Z ; 98 ; hd45 ; XI], et que la route étaient longue (Mozzarella les soupçonnait en vérité d’être torturés par la faim et de ne pas vouloir faire partager à leurs petits camarades de vol les barres Kinder Bueno qu’elle avait vu dépasser de leur sac en grande quantité).
Tout le monde s’était éloigné ; même Mlle Huguetta avait réussi à faire ses premiers pas vers le Sud en continuant sa danse. Il ne restait plus que des traces de pas sur le sable. Mozzarella avait soupiré, englouti un Bounty et s’était mise en route.
Et voilà, à présent, des jours et des jours que Mozzarella se traînait entre les arbustes morts et les dunes, et toujours rien, pas le moindre indice, pas la moindre trace de Don Superhéro, qui commençait à lui casser sérieusement les pieds, celui-là. Elle continuait, mais avec lassitude, toujours à l’Ouest, sans dévier, et attendait un signe. Il ne lui restait plus qu’un seul Bounty. A la tombée de la nuit, Mozzarella s’était emmitouflée dans son duvet et s’était endormie pleine d'inquiétude.
C’est à son réveil, tandis qu’un coq venu de nulle part s’était mis à lui « Cocorico » plein les oreilles, qu’elle découvrit un petit papier à côté de sa tête où était simplement noté : « Dans douze heures, un peu plus à l’Ouest, QG du Pub, méfiez-vous du chapeau blanc. » Et c’est ainsi que Mozzarella pleine d’espoir, reprit hâtivement sa route, un peu plus à l’Ouest.

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