Non bien sûr, ce n’est pas que les péripéties de Mozzarella s’étaient évanouies en plein vol pour s’écraser lamentablement sur le bitume. Ce n’est pas non plus que Mozzarella n’était pas capable, ou désireuse, de rendre compte au quotidien de ces mêmes péripéties. C’est simplement qu’elle s’est retrouvée coincée dans un monde étrange, où elle passait librement son boss à la moulinette avec du persil, où elle faisait de plein droit une réclamation contre les emplois du temps trop chargés, où elle attaquait la sncf (Salopards de Nigauds des Couilles Formidables) pour abus de prix sur carte 12-25, où elle dénonçait la croissance exponentielle et intolérable des casse-pieds, et où elle soulevait la VRAIE question concernant la disparition de Lady Di : « Pourquoi n’avait-elle pas un chauffeur un peu moins dingue, et une belle-mère un peu plus fiable ? ». Pas de doute : c’était bien en République de Disneyland qu’elle avait atterri. Intéressante assemblée de fous, d’ailleurs, là-bas. Un monde tout à fait binaire. Dans son inestimable bonté, Mickey l’avait avertie à l’entrée, quand elle avait fait l’heureuse acquisition d’un ticket gratuit pour la semaine (à moins qu’on ne se fie à la courbe de l’espace-temps modifiable-échangeable-remboursable sous quinze jours n’oubliez pas le ticket de caisse mereuhci-aurevoireuh-chère-cliente-cher-client-fidélité), en chuchotant derrière son nœud papillon : « Fi attention, ici ci tout blanc ou tout noir. Si ti contente, ti restes, si ti pas contente, ti t’en vas, ci tout, on s’en fout, fi gaffe au capitaine Crochet, lui ci un raté, complexe d’infirioté, traumatisme di l’enfance, difficulti di communication avec l’entourage et perte de mimoire à court terme rapport à « qui ci qui michant li crocodile ou Pitir Pan ? »). Du reste, Mozzarella se souvient avoir interrogé Mickey le Naïf sur son incompréhensible accent, suite à quoi il avait confessé nourrir des désirs d’exotisme (« marre di faire le guignol pour ine bande di mondialisés ») ; mais devant le regard de Mozzarella, il avait aussi soupiré et dit : « C’est bon, je laisse tomber, je reparle normalement, de toute façon c’était pénible ces « i », je finissais pas avoir des crampes aux maxillaires. Et puis avec les conventions collectives, je peux pas lâcher mon job à l'accueil avant six mois. »
Cependant, même si Disneyland semble a priori plus sympathique que méprisable, une question reste sans réponse dans l’esprit de Mozzarella : ce monde, où Blanche-Neige et Cendrillon se retrouvent pour de grandes fêtes VIP, ne serait-il pas un paradis fiscal ? Lui aurait-on donc menti ? Mais que fait la police ?
Vivement le retour parmi les VRAIS fous de la VRAIE démocratie française (rha ben bonne la choucroute ce matin Germaine !).
Les aventures absolument tranquilles de Mozzarella (quoiqu'un type a dit : "tout est relatif") entrecoupées d'interludes qui ne sont pas sans contenir une inutilité obscure au profit d'un éphémère et léger divertissement.
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