Les aventures absolument tranquilles de Mozzarella (quoiqu'un type a dit : "tout est relatif") entrecoupées d'interludes qui ne sont pas sans contenir une inutilité obscure au profit d'un éphémère et léger divertissement.

lundi 9 février 2009

Amorce du second semestre

Rentrée de week-end, Mozzarella se retrouva face à la blancheur éclatante de sa page Word, et se dit qu’il fallait qu’elle change la luminosité de son ordinateur pour échapper à cette terrible agressivité, celle qui allait jusqu’au fin fond de son esprit, et qui lui rappelait avec panache : « Alors Mozza, alors Mozza, écris quelque chose ! ». Et puis elle se dit que ce n’était pas la solution. Mozzarella s’inventait des mondes avec les contes de la rue Broca, ceux qui avaient bercé son enfance et qui lui avaient fait croire qu’on pouvait marier des chaussures, chose qu’elle avait un jour joyeusement répétée à sa maîtresse d’école, pleine d’entrain et de naïveté : « Maîtresse, Maîtresse, j’ai lu dans un livre que même les chaussures pouvaient se marier ! ». Et la maîtresse, l’imbécile, soucieuse d’entretenir un imaginaire bécasson chez les gosses, lui avait répondu : « Mais bien sûr ma petite fille, tout le monde peut se marier ! ». C’est ainsi que Mozzarella s’était bercée d’illusions sur l’idée de l’union, et s’était engagée dans des combats idéologiques dont elle ne saisissait pas vraiment le sens, finalement. Combats idéologiques qui, d’ailleurs, étaient très vite allés bien au-delà de tout ce qui pouvait concerner le mariage : combat pour la réinsertion des triples tranches de lard dans le menu Royal Bacon, combat pour la liberté d’expression face aux types mal embouchés comme le BBB (big bad boss), combat pour le maintien des concours de construction en épingles à nourrice dans le Limousin. Les chevaliers de l’an mille au lac de Paladru se sentaient lésés : « Mais enfin, le combat le plus nul, c’est pour nous normalement ! Nous devons rester dans la mémoire collective ! Nous sommes l’objet obsessionnel d’un thésard inintéressant, c’est nous, la crème chantilly des combat inutiles ! » Et Mozzarella, en les entendant râler, se réjouissait de ses coups fortiches.
Le docteur Glückenstein, quant à lui, avait émergé. Maintenant qu’il s’était fait une réputation, il avait décrété qu’il prendrait en charge la pauvre Mozza. Il en avait parlé du reste à son collègue le docteur Hämbourger, spécialisé dans les délires chroniques de persécution, et qui avait pris un malin plaisir à le mettre en garde : « Be careful, little genious. Mozzarella peut être une illusion de votre esprit pour mieux foncer dans le néant. Vous voyez ce que je veux dire ? » A priori, non, pas du tout. Le docteur Glückenstein voyait juste un cas à traiter parmi ses nouveaux patients, qui alourdirait un peu plus son tiroir-caisse. Mais le docteur Hämbourger ne travaillait pas pour l’argent. A l’instar du chercheur confirmé, il dégotait impudemment des cas qui accroîtraient sa renommée, et non pas son compte en banque. Le docteur Glückenstein avait voulu lui dire que l’un n’allait pas sans l’autre, puis s’était tu, prenant le parti de la fermer pour mieux argumenter dans des temps futurs.
Ainsi démarre le deuxième semestre de la licence universitaire de Mozzarella : dans le chaos.



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