Les aventures absolument tranquilles de Mozzarella (quoiqu'un type a dit : "tout est relatif") entrecoupées d'interludes qui ne sont pas sans contenir une inutilité obscure au profit d'un éphémère et léger divertissement.
lundi 19 janvier 2009
Mozzarella sur le divan
« Mon cher docteur, j’ai des palpitations quand je réfléchis. Je vois des éléphants roses et des Mickey géants se dessiner à chaque coin de rue. Non, ce n’est pas ce que vous croyez. N’allez pas vous imaginer toutes sortes de choses obscènes que vos bouquins cinquantenaires vous ont inculquées. Mais tout de même, c’est grave, docteur ? J’aimerais tant qu’on m’explique le fonctionnement de nos neurones. La dernière fois, j’ai eu une hallucination lorsque je suis sortie de la boulangerie. Mozart discutait avec Cendrillon et Ségolène Royal leur frappait la tête avec un énorme tire-bouchon. Je me suis dit que le quignon de pain que je venais d’ingurgiter devait être avarié. En fait, j’étais surtout victime d’un manque de glycémie. On ne sait jamais ce que réserve un café sans sucre. Mais tout de même, c’est grave, docteur ? Ma grand-mère m’a téléphoné la semaine dernière, elle était mécontente de sa nouvelle bouilloire électrique qui ne sifflait pas quand l’eau atteignait les cent degrés. Sur le moment, je me suis insurgée contre l'inconvénient de la chose. Et puis, quoi ! Toutes ces critiques à l’emporte-pièce, est-ce vraiment important de les formuler ? Ce n’est pas comme si le brevet d’invention de cette bouilloire était un crime ; juste une modernisation de l’objet. Mais tout de même, c’est grave, docteur ? Quand j’étais petite, j’adorais les Rice Krispies. Maintenant, je fantasme devant un paquet de Fitness aux fruits. La société de consommation a lobotomisé mon cerveau pour me réduire à l’état de victime perpétuellement frustrée. J’achète et je jette, je convoite et je méprise, j’Hollywood et j’Haribo. Trois mois que je rêve de prendre rendez-vous chez la dermato pour qu’elle élimine à coup de scalpel tout ce que je pince avec rage sur mon visage à chaque fois que je subis une contrariété. Je me lave les cheveux quatre fois par semaine contre soixante-dix pour les mains - les ablutions du dimanche comptant double. Ca vous en bouche un coin pour le calcul, n'est-ce pas docteur? Je soupçonne Minnie d’avoir collaboré. Je sais que vous trouvez matière dans mon discours à sortir cette infernale rengaine freudienne dont je parlais récemment à un salami Herta : « Tout est sexe ». Mais tout de même, c'est grave, docteur ? Croyez en ma vieille expérience, je ne suis pas corrompue par les a priori des anti-analystes. Je crois en vous comme je crois en Dieu, là n’est pas la question. Le problème est de savoir une bonne fois pour toutes si Dieu existe vraiment. Alors, que proposez-vous, docteur ? Hier encore, nous étions des Cro-Magnon vertébrés. Aujourd’hui, nous sommes des Cro-Mignons désillusionnés. Qu’attendez-vous pour annoncer la fin de la séance ? Je vous entends bâiller dans mon dos. Je reconnais votre imperceptible mouvement du pied coordonné à vos soupirs accablés. Allez, descendez prendre l’air, la cloche a sonné, c’est la récré. »
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2 commentaires:
grandiose le retour de mozza sur le web!! ça nous avait manqué!!
c'est toi le dessin??? pas mal!!!
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