Hier soir, aux alentours de dix-huit heures trente, un mystérieux incident s’est produit dans un chouette appartement d’un quartier tranquille. Tandis que Mozzarella, vautrée avec ses amis dans un canapé marron glacé et moelleux, endurant la digestion de la galette des rois sauvagement engloutie, s’amusait à compter le nombre de feuilles sur la plante du salon, un énorme coussin, dont l’identification est encore incertaine à cette heure, lui parvint dans la figure avec la force d’un maître Yoda. Mozzarella pleura évidemment beaucoup, le choc ayant été très douloureux. Ses amis, peinés de la voir dans un tel état, surtout pour un coussin, tentèrent de la consoler en lui offrant de faux bonbons Haribo. Au bout d’une bonne demi-heure et de quatre sacs de glaçons, le choc étant passé, tous finirent par s’interroger sur la provenance de cet étrange polochon, qui à présent gisait mollement sur le parquet. Personne n’osait vraiment y toucher ; l’objet paraissait suspect, quoique sa provenance inconnue le fût plus encore. On finit par tout vérifier. Les fenêtres étaient bien fermées, la porte d’entrée se trouvait verrouillée de l’intérieur, et personne ne se cachait derrière les rideaux. On repassa la scène en boucle. Chacun décrivit ce qu’il avait vu. Après plusieurs heures de concertation, maints et maints calculs pour trouver la courbe de la trajectoire du projectile suivant la position de Mozzarella à l’instant T et la marque du choc sur son visage, on en conclut que le coup avait été monté de l’intérieur.
Etant donné que personne n’était soupçonnable, on ne prit pas la peine de chercher un coupable. Ainsi, on aurait pu finir cette histoire en ponctuant avec ce genre de phrase qui rend hystérique : « On ne résolut jamais le mystère du coussin volant. »
Mais Mozzarella, qui était une fille très acharnée et qui ne perdait pas le Nord, lança dès le lendemain un appel à témoins dans l’immeuble qui faisait face aux fenêtres du salon, sûre d’obtenir une information capitale. Il fallut peu de temps pour qu’un vieux pervers habillé en Dark Vador ne sorte de l’ombre. Obsédé par l’envie de filmer tous ses voisins, il avait, au moment de l’incident, son objectif braqué sur le chouette appartement. On put aisément démasquer le coupable. En remerciement, Mozzarella donna deux faux bonbons Haribo à Dark Vador. Quant au fautif, cet être répréhensible et sans scrupules, qu’il ne reste plus qu’à blâmer pour l’horreur qu’il put commettre ce 4 janvier dernier entre 6:30:05 pm et 6:30:06 pm, maintenant qu’il est de connaissance publique, il ne peut que se mordre les doigts.
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