Une théorie semble se dessiner à l’aube de cette nouvelle année, théorie dont la formulation pourrait se rapprocher de certains proverbes chinois : à jolie journée s’associent gros problèmes. Si le soleil est au rendez-vous et que l’humidité ambiante semble s’être dissipée, Mozzarella se sait déjà condamnée à rester enfermée chez elle de longues heures. Elle ne s’en plaint naturellement pas : elle sait que sa situation est la rançon de ses vacances épicuriennes. Qu’il faut maintenant mettre les machines en marche pour sauver les meubles Roche-Bobois. Dans les salles de la fac, elle voit déjà les professeurs, l’œil malin et sournois, s’avancer vers elle, les sujets d’examens sur les bras, avec cette connaissance totalement terrifiante de la science de la défaite, celle qu’ils infligent avec un dégoûtant naturel à leurs pauvres petits étudiants.
Mozzarella se sent pleine d’une débordante envie d’introspection : « Miroir, compatissant miroir, dis-moi pourquoi je n’ai que le goût du travail dans l’urgence ? ». Evidemment, même les plus avertis ne sauraient répondre à cette question, mis à part un hypothétique clan de psychanalystes, davantage soucieux de remonter à la petite enfance que de s’attaquer aux névroses quotidiennes.
De vagues envies de combat surgissent alors. Il faut aller de l’avant ! Il ne faut jamais baisser les bras ! Il faut en vouloir ! Il faut y croire ! Il faut être le premier ! Il ne faut pas imaginer que d’autres puissent y arriver aussi bien ! Il faut tout donner ! Maintenant ! Tout de suite ! Allez !
Quelle singularité que cette force de persuasion et cette culture du self-coaching optimiste et primitive ! Non pas qu’il faille douter de la contribution de cette herculéenne motivation sans laquelle nombre de bipèdes homo sapiens auraient peut-être échoué. Mais est-elle le seul moyen d’éviter l’échec ? N’y a-t-il pas de comportement plus raisonnable que ces dogmes d’incantations extra-terrestres, auxquels toute personne humaine n’est pas susceptible de se plier ? Mozzarella se sent tout à coup bien lasse. Vivement février qu’on se couche.

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