Les aventures absolument tranquilles de Mozzarella (quoiqu'un type a dit : "tout est relatif") entrecoupées d'interludes qui ne sont pas sans contenir une inutilité obscure au profit d'un éphémère et léger divertissement.

mardi 20 janvier 2009

Découverte d'un nouveau monde

Done. Le monde du travail est à jamais un tas de grosse pourriture mise en conserve par les empereurs de l’égoïsme. Il restait encore un peu de naïveté à Mozzarella pour ne pas se sentir roulée dans la farine. Elle trouvait le boss plutôt sympa, et l’ambiance assez relax. Et puis un jour, elle eut juste envie d’émettre une légère protestation, oh bien sûr, quelque chose qui fut formulé poliment et gentiment, « dans les formes », comme on dit. Mais le boss n’aime pas les formes. Il n’aime tout simplement pas qu’on mette le doigt sur des choses dérangeantes. Il veut qu’on se taise. En vérité, le boss adule tout ce qui n’est pas propre à contester ses agissements. Il tape sur l’épaule du dernier idiot venu, et fait des clins d’œil de charité à celui qui veut bien y sourire. Il passe « faire un coucou » pour voir si tout se passe bien, et joue du pipeau à ses mignons sous-fifres. Et puis surtout, le boss s’en fout. Le boss ne tolère pas le « mais » et surfe sur son petit pouvoir. Alors lorsque le boss se sent en tort face à l’employé pas si benêt que ça (en fait), il s’énerve, il hurle, produit des postillons que Météo France aurait pu prévoir, tant leur taille et leur quantité sont monstrueuses, et déchaîne les foudres de Zeus. Il sombre dans la vulgarité et l’irrespect, tout en continuant à entretenir mesquinement le cuir poli de son trône. Bien sûr, il revendique ses idées communistes mais accepte en bon prince de faire des augmentations de capitaliste – toujours l’air bienveillant et protecteur, comme s’il offrait l’asile, ce grand homme. Et voilà. Mozzarella s’est fourvoyée, Mozzarella est dégoûtée par la réalité de ce monde. Elle pensait qu’un jour viendrait où l’on troquerait naturellement un bol de riz contre un porte-clés, un pull contre un cd, une crème de jour contre un livre. Et puis elle se rend compte. Elle sort de l’illusion. Elle fait son « expérience », comme disent les Anciens, du haut de leur canne en polystyrène. Mais quelle expérience ? Celle du contexte pervers de la fosse aux serpents ? De la mandoline en plastique ? De la sérénade au bord du lac pollué ? Quelle expérience ? Remarque, ce n’était pas faute d’avoir été avertie. Elle en avait entendu, des « tu te fais exploiter », des « non mais c’est pas possible », des « quand est-ce que tu les lâches ? ». Mais quelque chose la retenait, elle ne voulait pas s’en aller comme ça, en faisant des adieux déchirants à la Titanic. Là, au moins, il y aura de l’action, un claquement de porte, un « pauvre type », un « merde et bye bye». Du moins, c’est ainsi que ça se dessine. L’échéance est fixée au lendemain. Alors Mozzarella se drape dans sa dignité de jeune peureuse, et attend l’aube pour lancer l’attaque, au front, et sonner la retraite, au fond. L’imbécile.



Echec.



2 commentaires:

toto a dit…

Cgt, Fo, Cfdt, ne sont pas des gros mots…

Mozza a dit…

J'ajouterais même : ils sont tous mignons et gentils.