Les aventures absolument tranquilles de Mozzarella (quoiqu'un type a dit : "tout est relatif") entrecoupées d'interludes qui ne sont pas sans contenir une inutilité obscure au profit d'un éphémère et léger divertissement.

vendredi 2 janvier 2009

Mozzarella chez les idéaux



Et voilà. Comment Mozzarella, une jeune fille, condamnée à réviser ses partiels, se retrouve face à son ordinateur, désespérée, croulant sous le poids de la culpabilité mais ne s’abandonnant jamais à la raison. Elle se retranche derrière les conseils de ses proches : « Si tu veux qu’écrire devienne ton métier, commence par écrire tous les jours. » Et maintenant que la dissertation en histoire de la musique devrait prendre une place capitale dans les heures à venir, elle préfère soupirer mélancoliquement et se mettre en scène dans la tragédie de l’échec universitaire. Evidemment, ce serait incroyable que tout se passe comme dans un conte de fées. Un peu de chance, un peu de magie, un peu de talent, le coup de poudre de Perlimpimpin, et le tour est joué, un bouquin sort, des fans l’achètent, et se jettent sur Mozzarella dans la rue. Mais dans sa vraie vie ? Restent une bataille sans fin pour sa destinée, une gloire tardive à soixante ans, des enfants rancuniers qui ne lui pardonneront pas le choix de sa carrière au prix de leur abandon, un mari platonicien et sportif qui se jette à corps perdu dans des figures de kite-surf et de ski, brisant tantôt la vague, tantôt la glace, au gré des saisons qui n’en sont plus à cause du réchauffement planétaire. Tout cela sans parler des angoisses concernant les besoins primaires, l’interrogation perpétuelle sur la disparition de Lady Di, la cuisson du dernier steak haché re-conservé (sources), l’augmentation du prix du sparadrap, les oies gavées. Les coups de fils conventionnels, les fleurs de remerciement, les dîners aux ampoules, les faire-part. La mode, le dandysme, l’intellectualisme, l’altruisme, le communisme, le conflit israélo-palestinien. L’humanitaire, le Darfour, la crise financière. Finalement, ne pas faire sa dissertation, ça n’est pas très grave. Cela prouve qu’on a déjà pris du recul sur la vie. Mais soyons honnêtes, et réfléchissons : toujours tout faire en marche arrière, sans rétroviseur, ça finit juste par devenir dangereux et inconscient. Prendre du recul au prix du fossé ?


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