Les aventures absolument tranquilles de Mozzarella (quoiqu'un type a dit : "tout est relatif") entrecoupées d'interludes qui ne sont pas sans contenir une inutilité obscure au profit d'un éphémère et léger divertissement.

lundi 12 octobre 2009

Vive la rentrée

Perdue dans l'immensité de la rentrée universitaire et des enjeux interpoliticodiplomatoketchup qui se dessinaient dans sa nouvelle vie d'étudiante sérieuse, Mozzarella vagabondait entre tiramisus Auchan et balades en mobylette. Bien sûr, elle comptait sur son cheminement inconscient - et nécessaire - pour trouver un sujet de mémoire avant la fin du mois. Ses petits camarades de classe avaient déjà mis leur cerveau en surchauffe durant tout l'été et s'étaient pointés au mois de septembre parés d'une idée ab-so-lu-ment incroyable qui révolutionnait le système de recherche musicologique (c'est du mois ce qu'ils croyaient, les pauvres). Mesdames et Messieurs les Professeurs, déchargés, avaient applaudi avec ferveur et paternalisme l'intelligence des sujets si précisément définis et tout le monde était très content. Seule Mozzarella s'était égarée dans les méandres de ses recherches. De toute façon, ce mémoire, elle le comprenait à présent, n'était qu'une vaste fumisterie. On encensait en septembre pour mieux lapider en mai. Et Mesdames et Messieurs les Professeurs, dignement assis derrière leurs bureaux, n'hésiteraient pas à décourager un étudiant trop enthousiaste juste avant les épreuves finales. C’est pour cette raison que Mozzarella comptait sur une tactique infaillible quant au choix du sujet ; elle nécessitait une élégante combinaison de lèche-bottisme et d'originalité raisonnable. Il fallait quelque chose de pimenté mais d'accessible, de formel mais de plaisant. Tout résidait en la capacité à séduire les maîtres de mémoire – Mozza s’était tant et si bien fait bananer les années précédentes qu’elle avait tiré une bonne leçon de ses expériences catastrophiques.
Enfin, en attendant, l’inspiration ne venait pas. Mozzarella avait beau se pencher sur les marottes de ses chers et tendres enseignants, parcourir les livres poussiéreux de la bibliothèque, se plonger dans les thèses des ancêtres, surfer sur le web jusqu’à ce que l’ultime idée voit le jour … rien ne venait, tout était flou. « Rhô, et puis flûte ! s’exclama-t-elle par un bel après-midi d’automne. On la connaît, leur rengaine à ceux-là ! Ils vont nous mettre la pression pendant deux mois, et faire la grève pendant les quatre autres ! D’ici à ce qu’ils corrigent ou encouragent nos mémoires… Scandale sur la place publique ! » Et, parce que le retour à l’univers concret des problématiques culinaires peut parfois résoudre ou faire mûrir des interrogations d’ordre existentiel, elle se mit aux fourneaux, résolue à confectionner son premier tiramisu maison.



2 commentaires:

nous a dit…

la fraicheur d'un smoothie fraise banane par une fin de matinée d'été.
chouette premiere apperçue, je crois que je viendrais desormais regulierement lire ce qui se trame dans la vie de sweet Mozza.
Tanguy

Mozza a dit…

Thank you dear poète Tanguy!