Les aventures absolument tranquilles de Mozzarella (quoiqu'un type a dit : "tout est relatif") entrecoupées d'interludes qui ne sont pas sans contenir une inutilité obscure au profit d'un éphémère et léger divertissement.

lundi 14 décembre 2009

Vitrines & Co

La période des fêtes est toujours très douloureuse quand on est sans le sou.


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Un vent polaire transperçait les os de Mozzarella ; elle reconnaissait aussi une sensation familière l’envahir doucereusement. Et pour cause, Noël, la période de l’enfer des glaces, approchait. Non pas que la fête en elle-même représentât quelque chose d’absolument horrifiant. Tant qu’on était chez soi, avec des huîtres et du foie gras, un bon disque de jazz et un peu de champagne, la bonne bouffe pouvait être appréciée, si on n’en faisait pas des caisses, et si on ne finissait pas en procès de famille. Mais l’idée de naviguer entre les grands magasins pour trouver des cadeaux au milieu d’une foule en délire – à savoir des mères hystériques, des pères traumatisés, et des gamins mongoloïdes – rendait Mozzarella affreusement angoissée. A chaque pas fait dans la rue, on rencontrait un nouveau père Noël, profil-type Jean-Robert, 55 ans, au chômage depuis deux ans, dépressif chronique et divorcé, faisant sa B.A entre les marrons chauds et le claquos. Quel féérie, mes enfants, quelle féérie ! Sans parler des photos-souvenir avec les petits lutins de l’atelier du père Noël – une ribambelle de nains qu’on a engagés et déguisés pour la circonstance et qui ne feront pas long feu au coin « Noël en Magie » de Carrefour. Passé le 1er janvier, « au revoir et merci », un coup de pied aux fesses et trois paquets de papillottes gratos pour tenir l’année. N’oublions pas non plus les gentils petits enfants chinois qui, pour satisfaire les exigences des multinationales et des adorables familles occidentales, bossent 50 heures par jour et sont payés 0,000006 euros de l’heure, histoire de financer dans vingt ans l’opération pour la jambe de Papi Pong. Bien sûr, Mozzarella s’emballait un peu, on pouvait aisément lui reprocher d’avoir des idées un peu trop « cléïchéï » sur la question. Enfn, en attendant, emportée par la foule qui la traîne et l’entraîne écrasée face au trottoir elle savait que sa place entre le 1er Décembre et le 1er Janvier n’était résolument pas dans la rue, mais chez elle. Fuir le monde, fuir l'excitation. Se recentrer sur l'essentiel. Se purifier l'esprit. Pour les cadeaux, on verra le 24, à 18h45.


4 commentaires:

Lucas a dit…

*soupiiir*
Si ça c'est pas de la belle description de la magie de noël..
Tu viens définitivement de faire fuir mes rêves de père noël descendant la cheminée..
Et donné une terrible envie de Jazz et de champagne! ^^

Mozza a dit…

Rien de mieux que la bonne vieille ambiance années 30...!

Lucas a dit…

Oui m'enfin un peu de compassion pour l'esprit de noël assassiné dans tes lignes ^^
Quoi que.. tu y es pour rien... Champagne!

Mozza a dit…

Héhé oui champagne !